「時の鋭い刃の上を進んでいる。刻一刻と新しくなる、透明な崖の縁を。生きてきた時間の危険な端に片足を踏み出し、もう一方の足を無意識に虚空へと進める。特別に勇敢だからではない。ほかに選択肢がないからだ。今この瞬間にも、その脅威を感じている。まだ書いていない本の中へ、まだ生きていない時間の中へと、あえて踏み出していくのだ」
海外滞在中、ハン・ガンは1枚の紙にいくつかの言葉を書き留めます。それはすべて「白」という言葉に結びついていました。赤ん坊の産着の白、塩や雪の白、月やモクレンの白。雪と優しさに満ちた風景のなかを、自らと向き合う一人の女性の、最も親密な感情へと向かう旅。
生まれてわずか数時間で亡くなった姉(産着の白)への追悼を出発点とし、様々な「白いもの」を通して生と死、記憶と再生を見つめる、ノーベル文学賞作家ハン・ガンによる、きわめて親密で静かな断章。
« Nous avançons ainsi sur la surface tranchante du temps – au bord d’une falaise transparente qui se renouvelle de seconde en seconde. Nous posons un pied sur l’extrémité dangereuse de la durée vécue et avançons machinalement l’autre pied dans le vide. Non que nous soyons particulièrement courageux, mais nous n’avons pas le choix. En ce moment même, je ressens cette menace. Je me hasarde dans un livre que je n’ai pas encore écrit, dans un temps que je n’ai pas encore vécu. »
À la faveur d’un séjour à l’étranger, Han Kang pose sur une feuille quelques mots, tous liés au mot « blanc ». Le blanc d’une couverture pour bébé, le blanc du sel ou de la neige, le blanc de la Lune et celui du magnolia. Un voyage dans un paysage de neige et de douceur, vers les sentiments les plus intimes d’une femme face à elle-même.
Han Kang a une conscience unique des liens entre le corps et l’âme, les vivants et les morts, et sa prose poétique intense affronte les traumatismes historiques et expose la fragilité de la vie humaine. Anders Olsson, président du comité Nobel.
Traduit du coréen par Jeong Eun-Jin et Jacques Batilliot.